l'expression protocolaire

Projet de diplôme, master Ui design, Ecv Aix-en-provence

Dans notre société où les normes, la mode, et la mondialisation font fondre nos différences, comment montrer ce qui compose notre psyché, ce qui compose les nuances de l’humain ?

L’ expression protocolaire est une œuvre participative qui permet à chacun de donner à voir ce qui nous caractérise. À travers le filtre d’un protocole, une machine dénuée de sentiment, une image prend forme, le proto. Et c’est lorsque l’ensemble de ces images -chacune définissant un humain, une personnalité, ou un message- sont mises ensemble, sur un mur blanc immense, que nous apparaît l’arc-en-ciel de l’humanité, le colaire.

Le protocole est là pour réunir des variables, les assembler et produire un résultat. L’utilisateur ne sait pas ce que ses choix vont produire, comment vont se matérialiser les informations réunies.

À travers un protocole, l’utilisateur / spectateur est invité à nous donner à voir une part de lui-même sans le savoir, et cette part, le proto, vient se mélanger avec celle d’autres utilisateurs formant le colaire, une galerie livrant la nature humaine en couleurs et textes.

Le protocole est la part importante de l’œuvre, mise en place par moi-même, il est le noyau, ce qui produit et fait l’œuvre.

Cette œuvre vise à montrer la complexité des sentiments et de la nature humaine à travers la neutralité de la machine.

Comme certains artistes utilisent l’intelligence artificielle sous forme de petits robots pour co-créer avec eux, ou encore l’utilisation du protocole pour donner à tout le monde la possibilité de créer et s’exprimer pour eux-mêmes.

 

Le proto :

Le ton définit une typographie et un fond coloré. Quant à la personnalité, elle définit une deuxième couleur qui vient former ce dégradé.

Les protos forment comme un arc-en-ciel de personnalités formant les nuances que constitue la psyché humaine. De ce qu’on laisse voir, entendre, à ce qui nous définit. Cependant, la personnalité vient distendre, tordre, se mélanger à ce qu’on laisse voir. Formant ainsi une forme presque unique pour chacun.

Le colaire :

Machine

Le colaire machine possède un système de filtre : chronologique, et par ville. Cela permet de voir si dans cet arc-en-ciel d’humanité on peut voir apparaître de ressemblance, lié au message ou au ton par exemple. Si par exemple pendant le confinement il y a eu beaucoup de polémique, d’ironie, ou de pathétisme. Ou encore par géolocalisation, selon des situations politique, pandémique ou culturelle.

Humaine

Ce colaire est ce qui ressemble le plus à ce que l’expression protocolaire serait sous sa forme dématérialisée. Une fois le proto créé, l’utilisateur vient l’exposer où il le souhaite. Le mur blanc géant est présent, l’utilisateur peut scroller à l’infini pour choisir la place où il souhaitera déposer son proto. Une fois cela choisi, il peut choisir son inclinaison, un peu comme s’il le collait lui-même, sans la rigueur numérique. C’est ici que l’œuvre touche son but, en créant un mur géant ou des personnalités ou messages peuvent se rejoindre, se contrer ou se superposer.

Pour aller plus loin:

Dans le but de retrouver l’esprit originel de l’œuvre, avant le confinement, j’ai développé un second protocole. L’utilisateur imprime son proto, et l’expose où et comment il le souhaite. Il prend ensuite une photographie qu’il m’envoie et je l’expose sur instagram. Ce réseau social au mur blanc de photo vient recréer un colaire plus libre que la machine existant actuellement, et tend vers le colaire humain, et le message de l’œuvre déconfinée.

L’origine

À cause du confinement, l’œuvre a dû s’adapter. Ce grand mur blanc devient dématérialisé, et le protocole peut se faire où on le souhaite. Cependant, j’aimerais aussi vous présenter aujourd’hui ce qu’il aurait donné dans sa version matérialisée. 

Dans la version première, la matérielle, l’œuvre se situe dans une pièce blanche, le protocole présent sur une tablette contre un mur, de préférence en face de l’entrée. Sous la tablette serait cachée une imprimante qui sortirait le proto une fois celui-ci produit. De là, l’utilisateur / spectateur prendrait cette affiche sur papier autocollant, et déciderait où l’afficher. Sur le mur, sur d’autres protos, à l’envers ou encore sur le mobilier ou le plafond. La possibilité d’expression en devient double : à travers le proto premièrement puis à travers son emplacement qui traduit un autre morceau de la personnalité ou du message de l’utilisateur.

La complexité de l’œuvre vient, de plus, de l’installation finale. Quand les spectateurs posent leur proto dans la salle d’exposition, il n’y a pas de contrôle. Ce facteur d’imprévisibilité même décrit la nature humaine, à mon avis, et est donc représenté la colaire.

 

Ce projet fait partie d’un ensemble de projets produits par tout les étudiants de l’ECV de France. On peut retrouver tout ces projets sur le site Copy/Paste, ainsi que le mien.

« L’ECV Digital vous invite à son exposition dématérialisée intitulée Copy/Paste.

Une exposition prospective sur le monde d’après 🚀 Plus de 40 étudiants des campus de Paris, Bordeaux et Aix-en-Provence en dernière année de Mastère Web Design se sont penchés sur la question « du monde d’après » et sur les solutions digitales pour le réinventer derrière leurs écrans. L’exposition accessible en ligne jusqu’en mai 2021 propose une quarantaine d’oeuvres numériques, autour d’une expérience immersive inédite

 

Quel monde pour demain ? Comment le télétravail prendra-t-il sa place dans les usages économiques futurs ? Que retenir de cette mise à l’arrêt de nos vies quotidiennes et comment se projeter dans celles d’après ?  »